Haraka

Harak, 2021
Installation pour un dispositif d’occlusion sonore en acier, héxaphonie + stéréo

Haraka est une installation expérimentant un dispositif d’occlusion sonore, l’instrument d’une thèse en recherche-création musique. Prenant la forme d’un cylindre de 3,10 m de diamètre et de 2 m de haut, flottant à 10 cm du sol, le dispositif entre en vibration sous l’excitation de haut-parleurs et. de transducteurs. Du terme Haraka provient le mot harki, un corps supplétif algérien de l’armée française durant la guerre d’indépendance. Dans la mémoire du trauma colonial algéro-français, la question des harkis reste une des plus complexes. L’installation fait sonner, à travers le dispositif, des moments musicaux composés à partir de silences de voix issus d’entretiens menés par Gregor Matthias avec d’anciens supplétifs, et conservés dans la phonothèque de Véronique Ginouvès à la Maison Méditerranéenne des Sciences de l’Homme d’Aix-en-Provence. Le dispositif rend un écho des compositions musicales, comme un potentiel audible sans source directement donnée, doublé de résonances incidentes qui parcourent l’acier.  Si, comme la musique,  le silence résiste à la représentation, le bruit de fond à spectre continu que laisse découvrir un silence enregistré est une sonorité pertinente pour l’écoute et la composition car à une certaine intensité, elle s’apparente à du bruit blanc dans lequel tout, a priori, pourrait être sculpté. Haraka renvoie à un mouvement dont la source n’est pas donnée, mais toujours déjà présent, même dans un silence de voix, en l’occurrence ici ceux témoins d’une mémoire traumatique.