Sons seuls

Sons seuls, 2017
Pièce acousmatique pour quatre haut-parleurs, Concert Immersion sonore organisé par Amélie Nilles, MSH Paris Nord, Saint-Denis (en partenariat avec l’Université Paris 8 et le CICM)

(extrait version binaurale)

Sons seuls est une pièce acousmatique réalisée à partir de trois espaces silencieux : une chambre d’appartement, le transept de l’église Saint-Eustache et une cave d’immeuble. Les sons seuls nomment des enregistrements de lieux clos sans activité humaine audible – ils constituent une représentation du silence. Ces espaces silencieux ont été enregistrés avec un système Schoeps Double MS dont les trois signaux ont été décodés pour la quadriphonie. Après une scène d’exposition, ces espaces sont d’abord déplacés et leurs poids modifiés dans une lenteur léthargique. Dans un second temps ils se rencontrent, laissant entendre l’accentuation puis la giration d’un sifflement. Ce sifflement renvoie à une querelle ayant mis en jeu chez les grammairiens latins une differentia entre les verbes silere et tacere (être silencieux ou se taire). Dans les deux cas, le silence n’est pas associé à une absence de son mais à un problème de notation lié à l’étymologie du verbe silere, et dont le sens serait à trouver dans le son même de la lettre S, lettre bâtarde, qui malsonne, considérée comme inapte à la représentation en raison de son sifflement. Des flux aux appels d’air donc, le silence s’entend-il comme un défaut de saisie que la préséance de son sifflet implique ?