Les joutes de l’écoute

Les joutes de l’écoute, 2017
Pièce acousmatique pour légers ressacs résonants, Projet de Master 1, Université Paris VIII Vincennes Saint-Denis

extrait

La pièce cherche à faire entendre les différentes tensions d’écoute d’un élément central : l’enregistrement de légers ressacs battant le fond d’une petite sortie d’évacuation de piscine, et produisant une variation de résonances extrêmement singulière. La qualité de régularité est telle qu’à la première entente de ces résonances naturelles une confusion s’impose.

Cette régularité renvoie à l’usage du delay à intervalle très court dans la musique électronique, notamment utilisé pour produire des hauteurs. On trouve des exemples de ce traitement du delay régulièrement dans les pièces de musique électronique – du track techno aux musiques électroacoustiques de concert. Mais au-delà d’une proximité morphologique avec l’effet des lignes à retard réduites, le caractère de ces résonances variées coïncide de manière frappante avec l’une des premières interventions de la pièce Rêveries de Bernard Parmegiani (2007) : une basse synthétique qui fait entendre comme une voix. À cette caractéristique confondant le ressacs  avec un artifice synthétique s’ajoute une force de rythme remarquable.

En faisant entendre à la fois leur environnement naturel, un simple field recording, une proximité avec un certain usage du delay dans la musique électronique, les délogeant de cet environnement naturel, et comme des intonations vocales non communicantes, elles-mêmes rappelant la sonorité synthétique d’une composition électronique, il s’agit de mettre en avant deux choses : l’impertinence d’une saisie unique et l’injustifiabilité des buts, des objets vers lesquels l’auditeur peut se tendre.